Sarcomes : moins d’amputations grâce aux progrès thérapeutiques mais un retard au diagnostic
Par Alain Malheux le mardi 29 novembre 2011, 08:17 - Santé - Lien permanent
D’énormes progrès ont été réalisés ces dernières années dans les traitements des sarcomes en France, réduisant les taux d’amputation de 15% à 1% et les taux de récidive de 25% à moins de 10%, en 15 ans. Si les équipes de l’Institut de cancérologie Gustave Roussy (IGR) de Villejuif, ont porté les techniques de reconstruction et de chimiothérapie perfusée de membre isolé à la pointe, elles dénoncent un manque d’information au sein même de la profession médicale et du grand-public conduisant à un retard au diagnostic, une première intervention fréquemment non-appropriée et à une prise en charge tardive, parfois dramatique. Le Dr Sylvie Bonvalot, chirurgien, experte en sarcomes à l’Institut Gustave Roussy, organise le séminaire « e-SURGE », premier programme européen de formation aux professionnels, entièrement dédié à la chirurgie des sarcomes et des GIST1, les 24 et 25 novembre 2011. Les interventions, filmées en direct au bloc opératoire de l’Institut Gustave Roussy, sont retransmises et commentées aux médecins européens, dans l’amphithéâtre de l’Espace Maurice Tubiana à l’Institut Gustave Roussy et pour la première fois sur Internet, sur inscription. Ce séminaire est l’occasion de faire le point sur ces types de cancers peu connus.« Une meilleure connaissance des sarcomes par le grand-public et les professionnels de santé est indispensable car le diagnostic et la première prise en charge conditionnent, en grande partie, la guérison et la conservation du membre. Des amputations de membres dues à une mauvaise prise en charge initiale sont encore effectuées, et ça c’est inacceptable », explique le Dr Sylvie Bonvalot, chirurgien experte en sarcomes à l’Institut Gustave Roussy.
Les sarcomes sont des tumeurs qui se développent dans les tissus de soutien de l’organisme. Ils se divisent en deux grands types : les sarcomes osseux (tumeurs des os) et les sarcomes des tissus mous situés dans l’abdomen ou les membres (tumeurs des muscles ou des tissus de soutien des organes viscéraux). Une masse d’au moins 5 cm, évolutive, persistante, profonde, située dans un membre doit alerter les médecins sur la possibilité d’un sarcome des tissus mous et orienter le patient vers une équipe pluridisciplinaire spécialisée. De même, les grosses masses de l’abdomen doivent faire penser à un sarcome dont la chirurgie est très spécifique et a beaucoup évolué.
Une étude récente2 a montré qu’un patient sur deux atteint de sarcome des tissus mous de stade précoce, curable, est mal diagnostiqué ou mal pris en charge. S’agissant de cancers rares, leurs diagnostic et prise en charge doivent relever d’équipes pluridisciplinaires hautement spécialisées, habituées à diagnostiquer et à traiter cette maladie. Seuls quelques établissements en France disposent de telles équipes, c’est le cas de l’Institut Gustave Roussy.
Si la moyenne d’âge au diagnostic d’un sarcome des tissus mous est de 55 ans, il n’est pas rare chez les personnes plus jeunes, voire les adolescents. C’est dans cette population que le sarcome risque d’être mal diagnostiqué. Une première intervention mal appropriée, comme des drainages sur un diagnostic d’hématome ou une chirurgie incomplète, peut aggraver la situation et conduire à l’amputation d’un membre.
Les principaux progrès thérapeutiques des traitements des sarcomes reposent sur les techniques d’ablation chirurgicale et de reconstruction (reconstruction par lambeau libre ou pédiculé, microchirurgie,…) et sur la technique dite de « perfusion de membre isolé ».
Cette dernière technique, largement développée en France par les équipes de l’Institut Gustave Roussy, a permis de réduire de façon importante le nombre d’amputation, de guérir plus de malades et de leurs assurer une bonne qualité de vie. La perfusion de membre isolé se fait en deux étapes : isoler le membre de la circulation sanguine en mettant en place une circulation extracorporelle (CEC), puis perfuser ce membre isolé avec une forte dose de chimiothérapie chauffée. L’objectif est de diminuer la taille de la tumeur afin qu’elle soit opérable et que le membre ou l’organe soit préservé.
La chirurgie et la radiothérapie permettent de traiter et de guérir 70% des cas de sarcomes des tissus mous. Les 30% restants représentent les formes métastatiques de la maladie pour lesquelles des traitements de chimiothérapies ou de thérapies ciblées sont proposés. Les sarcomes des tissus mous sont des cancers rares, ils représenteraient moins de 1% des cancers, mais leur incidence semble fortement sous-estimée de par la diversité des localisations et les difficultés diagnostiques.
Le séminaire européen de chirurgie « e-SURGE », organisé par l’Institut Gustave Roussy en collaboration avec l’Instituto Tumori (Milan, Italie) et le M.D. Anderson Cancer Center (Houston, USA) , a pour objectif de promouvoir la diffusion des bonnes pratiques de chirurgie des sarcomes et des GIST auprès des professionnels (chirurgiens et oncologues), pour pallier au manque de chirurgiens qualifiés dans ce domaine et pour améliorer le niveau de prise en charge initiale des patients à travers l’Europe.
1) GIST : tumeurs stromales gastro-intestinales. Forme particulière de sarcome des tissus mous.
2) Mastrangelo G, Fadda E, Cegolon L, Montesco MC, Ray-Coquard I, Buja A, Fedeli U, Frasson A, Spolaore P, Rossi CR. A European project on incidence, treatment, and outcome of sarcoma. BMC Public Health. 2010 Apr 12;10:188.
Les sarcomes sont des tumeurs qui se développent dans les tissus de soutien de l’organisme. Ils se divisent en deux grands types : les sarcomes osseux (tumeurs des os) et les sarcomes des tissus mous situés dans l’abdomen ou les membres (tumeurs des muscles ou des tissus de soutien des organes viscéraux). Une masse d’au moins 5 cm, évolutive, persistante, profonde, située dans un membre doit alerter les médecins sur la possibilité d’un sarcome des tissus mous et orienter le patient vers une équipe pluridisciplinaire spécialisée. De même, les grosses masses de l’abdomen doivent faire penser à un sarcome dont la chirurgie est très spécifique et a beaucoup évolué.
Une étude récente2 a montré qu’un patient sur deux atteint de sarcome des tissus mous de stade précoce, curable, est mal diagnostiqué ou mal pris en charge. S’agissant de cancers rares, leurs diagnostic et prise en charge doivent relever d’équipes pluridisciplinaires hautement spécialisées, habituées à diagnostiquer et à traiter cette maladie. Seuls quelques établissements en France disposent de telles équipes, c’est le cas de l’Institut Gustave Roussy.
Si la moyenne d’âge au diagnostic d’un sarcome des tissus mous est de 55 ans, il n’est pas rare chez les personnes plus jeunes, voire les adolescents. C’est dans cette population que le sarcome risque d’être mal diagnostiqué. Une première intervention mal appropriée, comme des drainages sur un diagnostic d’hématome ou une chirurgie incomplète, peut aggraver la situation et conduire à l’amputation d’un membre.
Les principaux progrès thérapeutiques des traitements des sarcomes reposent sur les techniques d’ablation chirurgicale et de reconstruction (reconstruction par lambeau libre ou pédiculé, microchirurgie,…) et sur la technique dite de « perfusion de membre isolé ».
Cette dernière technique, largement développée en France par les équipes de l’Institut Gustave Roussy, a permis de réduire de façon importante le nombre d’amputation, de guérir plus de malades et de leurs assurer une bonne qualité de vie. La perfusion de membre isolé se fait en deux étapes : isoler le membre de la circulation sanguine en mettant en place une circulation extracorporelle (CEC), puis perfuser ce membre isolé avec une forte dose de chimiothérapie chauffée. L’objectif est de diminuer la taille de la tumeur afin qu’elle soit opérable et que le membre ou l’organe soit préservé.
La chirurgie et la radiothérapie permettent de traiter et de guérir 70% des cas de sarcomes des tissus mous. Les 30% restants représentent les formes métastatiques de la maladie pour lesquelles des traitements de chimiothérapies ou de thérapies ciblées sont proposés. Les sarcomes des tissus mous sont des cancers rares, ils représenteraient moins de 1% des cancers, mais leur incidence semble fortement sous-estimée de par la diversité des localisations et les difficultés diagnostiques.
Le séminaire européen de chirurgie « e-SURGE », organisé par l’Institut Gustave Roussy en collaboration avec l’Instituto Tumori (Milan, Italie) et le M.D. Anderson Cancer Center (Houston, USA) , a pour objectif de promouvoir la diffusion des bonnes pratiques de chirurgie des sarcomes et des GIST auprès des professionnels (chirurgiens et oncologues), pour pallier au manque de chirurgiens qualifiés dans ce domaine et pour améliorer le niveau de prise en charge initiale des patients à travers l’Europe.
1) GIST : tumeurs stromales gastro-intestinales. Forme particulière de sarcome des tissus mous.
2) Mastrangelo G, Fadda E, Cegolon L, Montesco MC, Ray-Coquard I, Buja A, Fedeli U, Frasson A, Spolaore P, Rossi CR. A European project on incidence, treatment, and outcome of sarcoma. BMC Public Health. 2010 Apr 12;10:188.



