Énergies renouvelables : la France franchit le cap du tiers de son électricité en 2025

Énergies renouvelables : la France franchit le cap du tiers de son électricité en 2025

23 juillet 2026 Non Par Vincent Colin

En 2025, les énergies renouvelables ont franchi un cap symbolique en France : elles ont couvert 33,2 % de la consommation d’électricité du pays, soit près d’un tiers. Mais derrière ce chiffre rond se cache un basculement bien plus instructif que le simple franchissement d’un seuil.

Ces données proviennent du Panorama de l’électricité renouvelable arrêté au 31 décembre 2025, publié conjointement par RTE, Enedis, le Syndicat des énergies renouvelables et l’Agence ORE. Elles méritent une lecture précise, car plusieurs indicateurs racontent des histoires différentes.

Un tiers de la consommation, mais une production en léger repli

Premier point à clarifier : couvrir 33,2 % de la consommation ne revient pas à représenter un tiers de la production. Rapportée à l’ensemble de l’électricité produite en métropole, la part des renouvelables s’établit plutôt autour de 27 %. Fait surprenant, la production renouvelable a même légèrement reculé : 148 TWh en 2025, contre 150 TWh en 2024.

La raison tient presque entièrement à l’hydroélectricité. Après une année 2024 exceptionnellement pluvieuse, les barrages sont revenus à un niveau plus normal. L’hydraulique reste malgré tout la première source renouvelable, avec 12,7 % de la consommation couverte.

Le vrai moteur : le solaire et l’éolien en mer

Si le total stagne, la dynamique de fond, elle, est limpide. Le photovoltaïque a bondi de près de 33 % et l’éolien en mer de 43 %. Au total, la France a raccordé plus de 7,2 GW de nouvelles capacités renouvelables en un an :

  • +5,9 GW de solaire photovoltaïque ;
  • +0,9 GW d’éolien terrestre ;
  • +0,4 GW d’éolien en mer.

Symbole de cette bascule : avec 30,4 GW installés fin 2025, le parc solaire a dépassé pour la première fois la puissance hydraulique du pays (25,7 GW). La montée en puissance des technologies solaires compense désormais les aléas de la météo sur les barrages.

Ce que cela change concrètement

Pour le consommateur, l’effet le plus tangible est ailleurs : la France produit une électricité parmi les plus décarbonées au monde. En additionnant nucléaire et renouvelables, RTE chiffre à 95,2 % la part bas-carbone de la production 2025, un maximum historique. Dans le même temps, la production d’origine fossile est tombée à son plus bas niveau depuis près de 75 ans.

Concrètement, cela signifie :

  • une électricité peu émettrice de CO₂, un atout pour la transition écologique ;
  • une moindre dépendance aux importations de gaz et de charbon ;
  • un mix qui pèse, à terme, sur la structure des coûts et donc sur la facture d’électricité des ménages.

L’angle que l’on oublie : le réseau commence à saturer

Cette croissance rapide a un revers rarement mis en avant. En 2025, les écrêtements d’énergies renouvelables ont doublé : à certains moments, faute de pouvoir tout absorber, le réseau a dû volontairement réduire la production éolienne ou solaire disponible. Autrement dit, une électricité verte a été perdue par manque de flexibilité.

Le défi des prochaines années ne sera donc plus seulement de produire davantage, mais de stocker, piloter et transporter cette énergie au bon moment. Batteries, effacement, hydrogène et modernisation du réseau deviennent aussi stratégiques que les panneaux eux-mêmes.

Questions fréquentes

Les renouvelables couvrent-elles vraiment un tiers de l’électricité française ?

Oui, à la nuance près qu’il s’agit de la consommation : 33,2 % en 2025. Rapportée à la production totale, leur part avoisine plutôt 27 %.

Pourquoi la production renouvelable a-t-elle baissé en 2025 ?

Uniquement à cause de l’hydroélectricité, revenue à la normale après une année 2024 très pluvieuse. Le solaire et l’éolien, eux, ont nettement progressé.

Qu’est-ce qu’un écrêtement d’électricité ?

C’est la réduction volontaire d’une production que le réseau ne peut pas absorber à un instant donné. En 2025, ces épisodes ont doublé pour les renouvelables.

Sources