Reptiles et amphibiens en France : un déclin qui s’accélère, selon la nouvelle liste rouge

Reptiles et amphibiens en France : un déclin qui s’accélère, selon la nouvelle liste rouge

19 octobre 2026 Non Par Audrey Chevalier

Grenouilles, tritons, couleuvres, lézards, tortues marines : la nouvelle évaluation de l’état de conservation des reptiles et amphibiens de France hexagonale dresse un constat préoccupant. Selon la liste rouge actualisée par le Comité français de l’UICN, PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) et la Société herpétologique de France, près d’un amphibien sur cinq et un reptile sur quatre sont aujourd’hui menacés de disparition dans l’Hexagone.

Un déclin qui s’accélère

Cette troisième évaluation nationale porte sur 37 espèces d’amphibiens et 39 espèces de reptiles (tortues marines incluses) présentes naturellement en France métropolitaine. Résultat : 19 % des amphibiens et 26 % des reptiles sont classés comme menacés. Sur les 76 espèces passées au crible, 17 sont désormais considérées comme menacées de disparition : sept amphibiens, huit reptiles terrestres et deux tortues marines.

Plus inquiétant encore, la tendance au déclin ne se limite pas aux espèces déjà classées à risque : elle concerne désormais près des deux tiers de l’ensemble des espèces évaluées. Depuis le bilan précédent, le statut de six espèces s’est dégradé, et aucune n’a connu d’amélioration significative de sa situation.

Des causes bien identifiées

Les experts pointent deux pressions principales. D’abord, la dégradation et la fragmentation des habitats naturels : zones humides asséchées, haies arrachées, artificialisation des sols qui grignote peu à peu les milieux où ces espèces se reproduisent et hivernent. Ensuite, le changement climatique, qui perturbe les cycles de reproduction et modifie la disponibilité en eau des mares et étangs indispensables aux amphibiens.

Ces deux facteurs se cumulent souvent sur un même territoire, ce qui explique pourquoi certaines populations très localisées, comme celle du Discoglosse sarde sur les îles d’Hyères, basculent directement dans la catégorie « en danger ».

Des mesures de conservation, mais pas encore de résultats visibles

Des plans nationaux d’actions existent déjà pour plusieurs espèces, et la connaissance scientifique sur ces populations s’est nettement améliorée depuis le précédent bilan. Mais ces efforts ne suffisent pas encore à inverser la courbe : la mobilisation récente autour du plan de restauration de la nature transmis par la France à Bruxelles illustre l’ampleur du chantier qui reste à mener pour redonner de l’espace aux milieux naturels.

Certains chercheurs misent aussi sur des approches moins interventionnistes, à l’image des démarches de réensauvagement qui consistent à laisser la nature reprendre ses droits sur certains territoires, plutôt que de multiplier les interventions ciblées.

Pourquoi ces espèces comptent

  • Les amphibiens régulent les populations d’insectes et servent de proies à de nombreux oiseaux et mammifères : leur déclin fragilise toute la chaîne alimentaire locale.
  • Les reptiles, souvent discrets, jouent un rôle d’indicateur de la qualité des milieux : leur présence ou leur absence renseigne sur l’état général d’un écosystème.
  • Zones humides, haies et pelouses sèches abritant ces espèces rendent aussi des services concrets aux humains : épuration de l’eau, régulation des crues, pollinisation indirecte.

Questions fréquentes

Quelles espèces françaises sont les plus menacées ?

Parmi les 17 espèces classées menacées, on trouve notamment trois amphibiens en catégorie « en danger », quatre en catégorie « vulnérable », ainsi que des reptiles terrestres et deux tortues marines fréquentant les côtes françaises.

Pourquoi les amphibiens sont-ils particulièrement vulnérables ?

Leur cycle de vie dépend à la fois de milieux aquatiques pour la reproduction et de milieux terrestres pour le reste de l’année : la disparition de l’un des deux suffit à menacer toute une population locale.

Qui évalue l’état de ces espèces en France ?

L’évaluation est conduite conjointement par le Comité français de l’UICN, PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) et la Société herpétologique de France, sur la base de données de terrain collectées par un large réseau de naturalistes.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale