Solaire flottant en France 2026 : la filière décolle sur lacs et retenues
4 août 2026Le solaire flottant s’impose progressivement comme une nouvelle brique de la transition énergétique française. Depuis l’inauguration des Îlots Blandin en Haute-Marne, plus grande centrale photovoltaïque flottante d’Europe, la filière multiplie les projets sur d’anciennes gravières, des retenues de barrage et des plans d’eau industriels. En 2026, trois installations emblématiques illustrent cette accélération : Blandin, O’MEGA1 dans le Vaucluse et la centrale d’EDF à Lazer, dans les Hautes-Alpes.
Comment fonctionne le solaire flottant
Le principe consiste à installer des panneaux photovoltaïques sur des flotteurs ancrés à la surface de l’eau plutôt que sur des toitures ou au sol. Cette technique permet de valoriser des plans d’eau déjà artificialisés — gravières, bassins industriels, retenues hydroélectriques — sans consommer de foncier agricole ou naturel supplémentaire. L’eau joue aussi un rôle de régulateur thermique, ce qui peut légèrement améliorer le rendement des panneaux par rapport à une installation terrestre classique.
Trois projets qui incarnent l’essor français
- Îlots Blandin (Haute-Marne) : 74,3 MW de puissance, plus de 135 000 modules déployés sur d’anciennes gravières, de quoi couvrir les besoins d’environ 37 000 habitants.
- O’MEGA1 (Vaucluse) : première centrale solaire flottante de France, développée en partie avec un financement citoyen via Énergie Partagée, installée sur un plan d’eau issu d’une ancienne carrière.
- EDF Lazer (Hautes-Alpes) : première centrale flottante du groupe EDF, posée sur la retenue d’un barrage hydroélectrique, une configuration qui permet de coupler production solaire et hydraulique.
Quels effets sur la biodiversité des plans d’eau
L’essor de cette technologie s’accompagne d’un vrai débat scientifique. Plusieurs études préliminaires notent des effets plutôt positifs : réduction de l’évaporation, léger rafraîchissement de l’eau et ralentissement de l’érosion des berges. Mais l’ombrage d’une partie du plan d’eau peut aussi faire baisser la luminosité, la température et le taux d’oxygène dissous, avec des conséquences possibles sur la faune aquatique selon la taille de l’installation. Pour objectiver ces impacts, l’ADEME a lancé un programme de recherche dédié, baptisé SOLAKE, qui doit suivre sur plusieurs années l’évolution des écosystèmes lacustres concernés par ces installations.
Un objectif national ambitieux
La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), publiée en février 2026, fixe un cap de 48 GW de solaire installé d’ici 2030, toutes technologies confondues, avec une fourchette de 55 à 80 GW visée pour 2035. Le solaire flottant n’en représente encore qu’une fraction, mais son potentiel sur les dizaines de milliers d’hectares de plans d’eau artificiels français en fait un axe surveillé de près par les acteurs de la technologie et les investisseurs de l’économie de l’énergie.
Questions fréquentes
Le solaire flottant est-il plus cher que le solaire au sol ?
Les coûts d’installation sont généralement plus élevés en raison des flotteurs et des systèmes d’ancrage, mais l’absence de consommation foncière et le léger gain de rendement lié au refroidissement par l’eau peuvent compenser ce surcoût sur la durée de vie de l’installation.
Ces centrales perturbent-elles la navigation ou la pêche ?
Les projets sont généralement conçus pour ne couvrir qu’une partie du plan d’eau et laisser des zones libres ; les autorisations environnementales imposent des études d’impact spécifiques sur les usages existants avant toute mise en service.
Où seront installées les prochaines centrales flottantes ?
D’autres projets sont annoncés sur des retenues hydroélectriques, comme celui prévu par EDF à Cheylas en Isère, avec une mise en service envisagée à l’horizon 2027.
Sources
pv magazine France — L’Écho du Solaire — Actualités News Environnement


