Circuits courts : pourquoi les Français restent fidèles au local
8 octobre 2026Dans un contexte où chaque euro compte, une habitude résiste à l’inflation et à la morosité ambiante : l’attachement des Français aux circuits courts. Selon le 6e baromètre des circuits courts, réalisé avec l’institut Kantar, 64 % des Français déclarent acheter régulièrement en circuit court, un niveau identique à celui mesuré deux ans plus tôt. Loin d’être un effet de mode passager, cette consommation locale s’installe durablement dans le quotidien, y compris chez les plus jeunes.
Un attachement au local qui ne faiblit pas malgré l’inflation
Le chiffre surprend par sa stabilité : alors que le budget des ménages reste sous tension, la part des Français fidèles aux producteurs locaux, marchés de plein air, vente directe à la ferme ou plateformes de paniers paysans ne recule pas. Les auteurs du baromètre y voient la preuve que le circuit court n’est plus réservé à une clientèle militante ou aisée, mais s’est banalisé comme un réflexe d’achat parmi d’autres, au même titre que la recherche de bonnes affaires ou l’arbitrage budgétaire.
Les jeunes, nouveau moteur de la tendance
La progression la plus marquante vient des 18-24 ans : 63 % des jeunes adultes déclarent désormais consommer via des circuits courts, soit une hausse de 12 points en un an. Une évolution qui tranche avec l’image d’une génération uniquement tournée vers la livraison express et le e-commerce international. Comme le montre un autre baromètre sur les habitudes de consommation des Français, cette classe d’âge privilégie de plus en plus l’expérience et le sens donné à l’achat plutôt que l’accumulation.
Des disparités régionales marquées
La géographie reste un facteur déterminant. Trois régions se distinguent nettement en tête du classement : la Bretagne et les Pays de la Loire, à égalité avec 71 % d’acheteurs réguliers, suivies de l’Auvergne-Rhône-Alpes avec 70 %. Des territoires où le tissu de producteurs locaux et la tradition des marchés restent particulièrement denses, facilitant l’accès à une offre de proximité.
- 64 % des Français achètent en circuit court au moins une fois par mois
- 63 % des 18-24 ans concernés, en hausse de 12 points en un an
- Bretagne et Pays de la Loire en tête avec 71 % d’acheteurs réguliers
- Un niveau stable par rapport à la précédente édition du baromètre
Pourquoi ce réflexe résiste à l’arbitrage budgétaire
Face à la hausse du coût de la vie, on aurait pu s’attendre à voir les Français délaisser le circuit court, souvent perçu comme plus onéreux que la grande distribution classique. C’est l’inverse qui se produit : beaucoup de foyers arbitrent désormais en réduisant le volume de leurs achats plutôt qu’en renonçant à la qualité ou à l’origine des produits, une logique de consommer moins mais mieux déjà observée dans les arbitrages entre épargne et achats du quotidien. Le circuit court devient ainsi un poste que l’on protège, quitte à réduire ailleurs.
Cette logique de sélectivité se retrouve aussi dans d’autres secteurs de la consommation, comme le souligne l’essor de la seconde main, où, là aussi, le choix du circuit de revente change la donne pour l’impact environnemental final de l’achat.
Ce que cela change concrètement
Pour les producteurs et commerces locaux, cette fidélité installée dans la durée offre une visibilité économique appréciable, à l’heure où beaucoup diversifient leurs canaux de vente (marchés, drives fermiers, plateformes de paniers). Pour les consommateurs, le circuit court reste aussi un moyen concret de mieux connaître l’origine de ce qu’ils achètent, dans un climat où la confiance envers les avis en ligne et certains labels s’érode.
Questions fréquentes
Qu’appelle-t-on un circuit court en alimentation ?
Il s’agit d’un mode de vente comportant au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur : vente directe à la ferme, marché, panier paysan ou plateforme dédiée, par opposition aux circuits longs de la grande distribution classique.
Le circuit court coûte-t-il forcément plus cher ?
Pas systématiquement : en supprimant les intermédiaires, certains produits achetés directement au producteur peuvent être compétitifs. L’écart de prix dépend surtout du produit, de la saison et du mode de distribution choisi.
Pourquoi les jeunes adultes sont-ils de plus en plus nombreux à en acheter ?
Le baromètre évoque une sensibilité croissante à l’origine des produits et à l’impact environnemental des achats chez les 18-24 ans, qui recherchent aussi une expérience d’achat plus directe que celle des grandes surfaces.
Sources
- 6e baromètre des circuits courts (Pour Debon / Kantar)
- Observatoire des Nouvelles Consommations
- Tendances de consommation 2026 : 10 évolutions clés
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
