Éoliennes en mer : ce que révèle la première grande expertise scientifique sur la biodiversité

Éoliennes en mer : ce que révèle la première grande expertise scientifique sur la biodiversité

9 septembre 2026 Non Par Vincent Colin

Alors que la France mise de plus en plus sur l’éolien offshore pour décarboner sa production d’électricité, une question reste longtemps restée dans l’angle mort : quel est l’impact réel des éoliennes en mer sur la biodiversité marine ? L’Ifremer et le CNRS viennent d’apporter une première réponse structurée, en publiant les résultats d’une vaste expertise scientifique collective (ESCo) menée pendant deux ans et demi.

Une expertise scientifique inédite, commandée par trois ministères

Mandatée par les ministères en charge de l’énergie, de l’écologie et de la mer, cette expertise a mobilisé un collectif pluridisciplinaire issu de 13 établissements de recherche français et belges. Menés entre janvier 2024 et juin 2026, les travaux visaient à dresser un état des lieux objectif des connaissances scientifiques disponibles, plutôt que de trancher le débat sur la base d’intuitions ou de postures. Sur près de 4 500 publications scientifiques passées au crible dans le monde entier, 411 articles ont été jugés suffisamment robustes pour être retenus dans l’analyse finale — dont seulement 25 portent spécifiquement sur le contexte français.

Dix pressions environnementales passées au crible

Les chercheurs ont identifié et analysé dix pressions distinctes exercées par les parcs éoliens en mer sur les écosystèmes, à chaque étape de la vie d’un projet : construction, exploitation puis démantèlement. Parmi les effets étudiés figurent notamment :

  • le bruit sous-marin généré par le battage des fondations et le trafic maritime associé ;
  • la modification des habitats et des courants autour des mâts immergés ;
  • les risques de collision pour l’avifaune marine et les chiroptères ;
  • l’effet dit « récif artificiel », qui peut aussi bien attirer certaines espèces que perturber les équilibres existants.

Ce travail rejoint les préoccupations exprimées par des organisations de protection de la nature, qui suivent de près le développement rapide de l’éolien offshore sur les côtes françaises.

Des lacunes scientifiques clairement assumées

Plutôt que de conclure à une innocuité ou à une nocivité généralisée, l’expertise assume ses limites : les chercheurs pointent des lacunes importantes sur les effets cumulés de plusieurs parcs proches les uns des autres, sur les effets à long terme au-delà de quelques années d’exploitation, et sur les effets à grande échelle géographique. Certaines composantes clés de la biodiversité marine — les fonds sédimentaires profonds ou certaines espèces peu étudiées — restent également mal documentées faute de données suffisantes.

Pourquoi ce travail compte, au-delà du monde scientifique

Cette synthèse arrive à un moment charnière : la France a franchi en 2025 le cap du tiers de son électricité issue des énergies renouvelables, et l’éolien en mer doit y prendre une part croissante dans les années qui viennent. Disposer d’une base scientifique solide et partagée permettra d’orienter les futurs choix d’implantation, mais aussi d’alimenter les débats sur des sujets voisins comme le réensauvagement des milieux naturels ou la fragilité croissante de certaines espèces face aux pressions climatiques. Les ministères concernés devraient s’appuyer sur ces conclusions pour affiner le cadre réglementaire des futurs appels d’offres éoliens en mer.

Questions fréquentes

Qui a mené cette expertise sur les éoliennes en mer ?

L’Ifremer et le CNRS ont coordonné cette expertise scientifique collective, à la demande des ministères de l’énergie, de l’écologie et de la mer, avec la participation de treize établissements de recherche français et belges.

Combien de pressions environnementales ont été étudiées ?

Les chercheurs ont analysé dix pressions distinctes exercées par les parcs éoliens en mer sur la biodiversité, de la phase de construction jusqu’au démantèlement des installations.

L’étude conclut-elle que les éoliennes en mer sont dangereuses pour la biodiversité ?

Non : l’expertise ne tranche pas dans un sens ou dans l’autre. Elle dresse un état des connaissances disponibles et souligne surtout d’importantes lacunes scientifiques, notamment sur les effets cumulés et les effets à long terme, qui appellent des recherches complémentaires.

Sources

IfremerCNRSMer et Marine

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale