En France, 700 000 élèves souffrent de harcèlement scolaire chaque année

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Le harcèlement scolaire est désormais considéré comme un « grave problème de société », selon le ministre Français de l’Education Jean-Michel Blanquer. Si la France a tardé à en parler au niveau national (la première campagne n’ayant eu lieu qu’en 2011), plusieurs mesures sont désormais en place pour aider les parents et les enfants dans le cadre d’une initiative gouvernementale intitulée « Non au harcèlement ».

De la menace physique jusqu’à la cyber-intimidation

Il est difficile de connaître son ampleur dans les écoles, mais une étude mondiale menée en 2018 par l’Organisation mondiale de la santé a révélé qu’en France, 11 % des filles de 11 ans et 14 % des garçons de 11 ans ont été victimes au moins deux fois de « brimades » à l’école dans les deux mois précédents le sondage.

Pour les jeunes de 13 ans, les chiffres étaient de 12 % pour les filles et 13 % pour les garçons et, pour les jeunes de 15 ans, de 9 % pour les filles et 11 % pour les garçons. Ces âges correspondent au collège, période « de prédilection » du harcèlement selon le rapport de l’OMS. Aux Etats-Unis, plus du tiers des élèves âgés de 12 à 18 ans déclarent avoir été harcelés au moins une fois dans l’année scolaire précédente. Plus de détails sur les difficultés de l’école primaire aux Etats-Unis ici http://blog.lyceepourtous.fr/.

Le harcèlement est un acte répété qui peut être verbal, psychologique ou physique, qui comprend les moqueries, les attaques physiques, les menaces, la propagation de rumeurs et autres brimades. Avec l’essor des smartphones, le harcèlement se manifeste également par la cyber-intimidation soit directement, soit via les réseaux sociaux, ainsi que l’usurpation d’identité et le harcèlement électronique.

Le gouvernement estime à 700 000 le nombre d’élèves victimes d’intimidation par an. Il dispose d’un site web, d’une page Facebook et de deux lignes téléphoniques d’assistance avec des conseils pour les parents, les enfants et les professionnels. Les lignes d’assistance sont anonymes et confidentielles (le 3020, du lundi au vendredi, de 9h00 à 20h00, et le samedi de 9h00 à 18h00).

Comment gérer un enfant harcelé ou harceleur ?

Marie-José Gava dirige Place de la Médiation, un réseau d’aide aux personnes victimes d’intimidation sur leur lieu de travail et les établissements scolaires. Elle a écrit un livre pour aider les parents à faire face à la situation en leur donnant des conseils de psychologues et d’avocats et en leur faisant part de ses expériences de médiation. Selon elle, le harcèlement doit toujours être pris au sérieux : « Il peut avoir des conséquences très graves, notamment un manque de confiance en soi, une diminution de la qualité du travail scolaire, il peut déclencher une phobie de l’école, amener les enfants à faire l’école buissonnière et la conséquence ultime, conduire au suicide ».

Les parents doivent être attentifs aux signes et être en mesure d’identifier ce type de situation chez l’adolescent : « Il y aura une combinaison de symptômes physiques, émotionnels et comportementaux liés au travail scolaire, notamment le fait de s’enfermer dans sa chambre, la tristesse, la perte de mémoire, le fait de manger moins ou trop souvent, la difficulté à respirer, les maux d’estomac, les mauvaises notes, le fait de ne pas vouloir aller à l’école, prendre le bus ou manger à la cantine ».

Si vous êtes inquiet, vous devez ouvrir le dialogue avec votre enfant, mais il n’est pas facile de donner le bon ton. S’il n’y a pas de changement ou si la situation s’aggrave, contactez l’école par l’intermédiaire d’un enseignant, du directeur, du conseiller pédagogique du CPE dans un lycée ou un collège, d’une infirmière ou d’un représentant des parents. Le chef d’établissement a le devoir de réagir à une plainte pour prévenir les brimades. Si vous pensez que votre enfant pourrait être le harceleur, parlez calmement, sans accuser, tout en expliquant à votre enfant les graves sanctions qu’il encourt ainsi que les conséquences possibles de son comportement.

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